En 1999, la Biennale de la danse de Charleroi a articulé son programme autour de la notion de « genre »; Thierry Smits a proposé, en contrepoint de son œuvre précédente Cyberchrist, ce solo dont l’esthétique « camp » explore l’artifice, la féminité et l’extravagance.
La pièce s’appuie sur des contrastes fascinants et séduisants qui se manifestent d’emblée dans la simple présence physique du danseur, oscillant entre féminité et masculinité à travers son visage angélique et maquillé et son corps athlétique. L’éclectisme déconcertant des évocations quelque peu kitsch et ironiques va des pin-ups des années 1950 aux geishas japonaises. La robe traînante de l’interprète renforce le sentiment d’étrangeté face à l’émerveillement, car elle semble être une extension de son corps ondulant et offre en outre la possibilité d’un dévoilement qui exposera un phallus.
De Cyberchrist à Pin Up, la trajectoire chorégraphique de Smit évolue finalement vers la désintégration en transcendant les limites de la vie, d’une part, et de la raison, d’autre part.
Pin Up, initialement conçu comme un complément contrasté à la pièce Cyberchrist, est un solo explorant l’artifice et la féminité au sein d’une esthétique résolument camp, multipliant les symboles disparates (évocations du glam rock, des pin-ups des années 1950, des geishas…), pour finalement basculer dans un rejet de l’artifice – et de l’animalité. Si Cyberchrist est une lente progression vers la mort, Pin Up s’apparente davantage à une descente fulgurante dans la folie.
Première : Charleroi, Charleroi/Danses, 26/03/1999
Interprétation : Michael Sears
Costumes : Caroline Faïnke
Maquillage : Bernard Floch
Chorégraphie : Thierry Smits
Musique : Noise Maker’s Fifes
Lumières : Kamal Ackarie
Technicien lumière : Kamal Ackarie
Technicien son : Geert Feytons
Photos : Luis Alvarez
Production : Compagnie Thor | Charleroi Danses

